CONTE PRÉCÉDENT JONAS

Le Voyage en ITALIE

Il était une fois, un petit canard jaune qui naquit une belle journée de Printemps. Il sortit sa tête de l’œuf et sentit le vent frais sur son duvet tout doux. Il ouvrit les yeux et découvrit les belles couleurs de la campagne. Il tendit son bec et respira tous les parfums de la Nature.

Il regarda autour de lui et vit un drôle d’animal peu bavard qui portait sa maison sur son dos. Escargolo, c’est ainsi qu’il s’appelait, disparut de peur dans sa coquille à la vue de ce poussin tout jaune. Mais personne d’autre à l’horizon… Le petit canard décida donc d’aller explorer les environs : Que c’était beau ! Des collines douces à perte de vue. Des champs de blé. Des champs de Tournesols : de grandes fleurs, jaunes comme lui, tournées vers le Soleil. Des cyprès tout droits, pointés vers le ciel.  Et un beau village, tout au loin.

« A quel animal appartient cette belle et grande maison sur la colline ? »

Se demanda tout haut le petit canard.

« A des hommes. Ce sont des êtres très gentils, sauf quand ils décident de chasser ! »

Répondit une petite voix. C’était Arc-en-Cielle, une demoiselle tortue qui lui parlait.

 « Bonjour, comme tu es jolie avec tes tâches de toutes des couleurs. Toi aussi tu portes ta maison sur ton dos ! Incroyable ! J’essaie moi-aussi de garder ma coquille, mais elle est toute cassée. Peut-être qu’il en poussera une autre sur mon dos bientôt ?

– D’où viens-tu et comment t’appelles-tu ? demanda  Arc-en-Cielle.

– Je ne sais pas. Personne ne me l’a dit. Je suis perdu, je crois. Veux-tu être mon amie ? »

Arc-en-Cielle n’avait pas encore fondé de famille. Elle décida de l’accompagner :

« Mon pauvre petit. Si tu veux bien je vais m’occuper de toi. Nous allons chercher ensemble tes parents. Je t’appellerai JONAS à cause de ta couleur toute jaune.

– Oh ! Oui ! dit Jonas. Cela me plaît beaucoup. »

Elle le fit grimper sur son ventre et sauta dans la rivière. Arc-en-Cielle se disait que maman Cane devait être en train de collecter quelques petits vers en prévision de l’arrivée de Jonas, qui s’était faite beaucoup plus rapidement que prévue.

« Ouha ! C’est amusant de flotter sur l’eau.

– Bientôt tu sauras le faire tout seul, car tu es un canard, dit Arc-en-Cielle. »

Ils ne virent personne. Jonas mangea quelques graines et Arc-en-Cielle croqua une belle laitue. C’était très bon.

La nuit était tombée. Ils rejoignirent la rive et cherchèrent un endroit abrité. Ils grimpèrent dans un camion vide abandonné pour y dormir. Jonas découvrit tout au fond un joli ballon multicolore oublié, qui lui servit d’oreiller. Ils étaient tous les deux très fatigués.

Le lendemain, ils furent réveillés par le roulement du camion, qui n’était pas du tout abandonné et qui filait à toute vitesse sur la route :

« Que c’est amusant ! » Jonas riait aux éclats !

Arc-en-Cielle était, elle, plus inquiète car elle ne savait pas du tout où le camion les emmenait. Et impossible de sauter, sans risquer de se briser le cou.

Après beaucoup d’heures de voyage, le camion s’arrêta.

« Où sommes-nous ? demanda Jonas

– Regarde, dit Arc-en-Cielle, nous voici dans un beau pays plein de soleil. Quelle belle aventure ! Descends.

– Attends, dit Jonas, je veux emporter le ballon. »

Après quelques heures de marche, ils arrivèrent dans une grande ville, avec des toits de toutes les formes et des cloches qui sonnaient partout.

« Eh bien, nous sommes à Florence, en Italie. J’ai déjà vu des cartes postales de cette ville.

– Il fait trop chaud et il y a trop de bruit, pleura  Jonas. Partons d’ici. »

Ils traversèrent la ville jusqu’à un joli pont  sous lequel coulait un grand fleuve. Ils sautèrent dans l’eau et se laissèrent porter par le courant, très loin, jusqu’à une autre rive.

« La rivière est devenue immense ! Comme c’est joli, dit Jonas.

– C’est la mer, répondit avec un grand sourire Arc-en-Cielle. »

Jonas était émerveillé par ce qu’il voyait : des petits bateaux dansaient sur l’eau. De drôles d’oiseaux blancs criaient au-dessus de sa tête.

« Ce sont des mouettes, dit Arc-en-Cielle.»

Les deux amis plongèrent dans les vagues. Ils s’éclaboussaient et riaient fort.

« Beurk ! Elle est salée, rigola Jonas, mais ça rafraîchit. J’adore l’eau !

– Tu sais, c’est normal pour un canard ! Viens, suis-moi. »

Ils s’enfonçaient dans le sable. C’était chaud et doux. La petite tortue à la carapace multicolore fit rouler le ballon jusqu’à la plage et entama avec Jonas une partie de Volley Ball !

Jonas trouva ce jeu très drôle. Ils achetèrent un parasol, des maillots de bain, une casquette, des jouets de plage.

« Les Vacances ! dit Arc-en-Cielle »

« Ça sent bon, j’ai faim ! réclama Jonas »

Arc-en-Cielle plongea pour pêcher de touts petits poissons qu’ils partagèrent.

« Je crois qu’il faut rentrer maintenant, dit la tortue, ta famille doit te chercher et s’inquiéter. »

Le petit canard et la tortue remontèrent la rivière. Le voyage du retour fut plus long et plus difficile. Il fallait lutter contre le courant. Heureusement Arc-en-Cielle avait de bonnes idées : elle tendit sa serviette de bain comme une voile dans laquelle le vent s’engouffra.

Soudain, ils entendirent un drôle de cri :

« Coin-Coin-Coin »

« C’est ma maman, s’exclama Jonas. Je l’ai entendu quand j’étais encore dans ma coquille. Je reconnais sa voix. »

Arc-en-Cielle et Jonas se rapprochèrent et découvrirent une mare pleine de canards.

Ses parents lui sautèrent au cou. Ils avaient eu si peur de l’avoir perdu.

Jonas et Arc-en-Cielle leur racontèrent leur aventure. Papa et Maman Canard étaient très fiers de leur fils. Jonas fit la connaissance de toute la famille. Il avait des frères et des sœurs qui furent contents de jouer avec lui. Il goûta les petits goujons de l’étang qu’il aimait autant que les sardines de la mer.

Ses parents lui enseignèrent plein d’astuces de canard. Jonas apprit  à voler très haut. Très loin. Car aucune autre coquille ne lui avait poussé dans le dos. Escargolo et Arc-en-Cielle étaient un peu jaloux.

Jonas découvrit depuis les nuages combien le monde était beau et vaste. Il revit la clairière où il était né. Il survola le petit port et la plage où il s’était baigné. Il voyait plein de camions qui allaient très loin. Il regarda l’horizon et se dit :

« Il y a tellement de choses encore à découvrir. »

Arc-en-Cielle et Jonas ne se quittaient jamais. Ils construisaient des cabanes le long de la rivière avec toutes les branches que leur donnait leur ami Pollux le Castor. Tous les trois faisaient des compétitions de natation. Ils allaient à la pêche, près du moulin. Ils se cachaient pour éviter les chasseurs.

« Amis pour la vie ! » déclarèrent-ils tous les trois.

Un soir, que la nuit tombait sur la grande mare, que les Hérons et les Aigrettes se posaient sur une seule patte, Jonas et Arc-en-Cielle allaient s’endormir devant un superbe coucher de soleil, serrés l’un contre l’autre, quand Jonas s’approcha de l’oreille de la petite tortue à la carapace multicolore et lui murmura : « et si l’année prochaine, nous faisions un nouveau Voyage… ! ».

« Oh oui ! », répondit Arc-en-Cielle. Et ils fermèrent les yeux en rêvant à leur nouvelle aventure.

FIN